Par Suzanne Asselin, présidente du Comité des communications pour les bénévoles, avec la contribution de Lucy Fazio

Pour s’assurer que les bénévoles reçoivent la formation et les informations les plus à jour. L’espoir, c’est la vie propose une série de séances éducatives à l’intention de ses bénévoles. Celles-ci se déroulent tout au long de l’année et présentent des conférenciers invités qui viennent partager leurs connaissances avec nous.

Dernièrement, grâce à des avancées importantes en recherches et dans le traitement de différentes formes de cancer, les taux de survie ont sensiblement augmenté. Pour beaucoup de personnes concernées, le cancer n’est plus perçu comme un arrêt de mort. Deux infirmières cliniciennes spécialisées de l’Hôpital général juif, Tara Jesion and Anna Buono, se sont récemment penchées sur le sujet des avancées dans le traitement des cancers du poumon et du sein. Les bénévoles qui ont assisté à cette conférence ont appris beaucoup en fort peu de temps et ont été appelés à poser des questions à la suite des exposés. En voici les points essentiels.

Le cancer du poumon, le plus courant des cancers diagnostiqués, est la cause la plus importante de mortalité. C’est un mythe que de croire que seuls les fumeurs en sont victimes. Tara Jesion a relevé que 15% des cancers du poumon se déclarent chez des personnes qui n’ont jamais fumé. Le plus souvent, celui-ci est diagnostiqué à un stade avancé et est responsable de 26% de tous les décès causés par le cancer au Canada. La plupart des patients présentent des symptômes au moment du diagnostic mais on aurait besoin de meilleurs outils de détection pour les patients asymptomatiques. De récentes études ont montré qu’un meilleur dépistage permet une détection précoce. En ce moment, au Canada, il n’existe pas de programme de dépistage dans la population pour le cancer du poumon.

Mais, au cours des 15 dernières années, nous avons été témoins d’un fait plus encourageant: l’arrivée de la thérapie ciblée qui a permis l’identification de mutations spécifiques que l’on peut contrer par des médicaments spécifiques. Contrairement à la chimiothérapie, cette nouvelle procédure tue les cellules cancéreuses sans causer de mal aux cellules saines. Elle entraîne moins d’effets secondaires que la chimio, est plus facilement tolérée et peut souvent être prise oralement chez soi; plus besoin de se rendre à l’hôpital pour subir la chimio. Quel pas gigantesque vient d’être franchi et quel soulagement à la fois pour les patients et pour les familles!

Autre nouveau traitement prometteur : l’immunothérapie se sert de médicaments pour renforcer le système immunitaire du patient et ainsi l’aider à tuer les cellules cancéreuses. Elle est utilisée dans le cas de nombreux types de cancer du poumon, à différents stades. Elle présente aussi moins d’effets secondaires que la chimio. Une étude a montré que l’immunothérapie conjuguée à la chimiothérapie améliore les taux de survie dans leur ensemble.

En général, l’amélioration du dépistage ainsi que des traitements de pointe ont permis d’ augmenter le nombre de survivants à long terme. Tout cela nous remplit d’espoir aussi bien pour les patients que pour l’avenir de la recherche et du financement.

Le cancer du sein, lui, est de nature plus complexe. Anna Buono a souligné que, récemment, les traitements sont devenus plus personnalisés et fonctionnent au niveau de la cellule. Un exemple connu en est le OncoType DX & Ki67 (Prolifération) qui utilise des inhibiteurs hormonaux pour combattre les cellules cancéreuses. Cette sorte de médicaments réduit les quantités d’œstrogène diffusées dans le corps et, ainsi, prive les cellules cancéreuses des hormones dont elles ont besoin pour se multiplier. Certains patients qui réagissent bien aux inhibiteurs peuvent être complètement dispensés de chimio. Quel immense progrès! Les effets secondaires courants sont la neutropénie (diminution d’un certain type de globules blancs, entraînant un risque accru d’infection pour le patient), la fatigue, l’ anémie, la dermatite et les aphtes. On trouve maintenant de meilleurs moyens pour traiter ces effets secondaires, en particulier un rince-bouche « magique».

En outre, des essais cliniques sont en cours en ce moment pour tester de nouveaux inhibiteurs qui pourraient être inclus dans de futures thérapies. Pour les patientes qui sont HER2+, de nombreuses options thérapeutiques se présentent ; certaines peuvent être administrées en injections sous-cutanées plutôt qu’en intraveineuses.

L’immunothérapie seule ne fonctionne pas bien. Mais elle peut être prometteuse pour des patientes atteintes de cancer du sein triple négatif, souvent très jeunes et qui réagissent mal à la chimio.

Les patientes atteintes de cancer du sein profiteront de futurs essais cliniques qui explorent de nouvelles options de traitements. Savez-vous que de nombreux de ces essais sont dirigés par des oncologues et des chirurgiens oncologues à l’HGJ?

À venir, des séances d’éducation permanente pour les bénévoles – Réservez ces dates :

12 septembre 12 : Techniques de communication. Christina Cabral, travailleuse sociale

24 octobre 2 : Discussions en équipe: venez rencontrer vos collègues bénévoles qui travaillent dans des domaines semblables afin de discuter d’enjeux communs