Par Sonia Hazan

Alice Lehrer a toujours admiré ce merveilleux organisme depuis qu’il a été fondé par Sheila Kussner et par une poignée de bénévoles dévouées. Elle s’est impliquée dans les levées de fonds et, bientôt, a eu hâte d’en donner encore plus…..

Tout dans les antécédents d’Alice a rapport avec le don de soi, depuis ses études en ergonomie jusqu’à sa pratique privée ou sa contribution fort appréciée à l’Hôpital Queen Elizabeth, en passant par l’étape d’ OrthoSports et maintenant , bien évidemment, avec L’espoir, c’est la vie. Alice est vice-présidente de la collecte de fonds Envoyez promener le cancer, dans ses deux volets: l’ascension du Kilimandjaro et sa version locale, Kili chez nous. Elle dirige la Marche des endeuillés, sortie hebdomadaire du jeudi sur le Mont-Royal pour les personnes en deuil.

Nous nous sommes rencontrées justement après cette promenade; j’ai eu le grand privilège d’assister à une discussion parmi les participants. Pendant ces marches, ils partagent l’expérience du deuil , à tous les stades, ils prennent acte de l’acceptation de leur deuil et discutent sans porter aucun jugement; il est bien évident que chaque individu reçoit l’appui de l’ensemble du groupe.

Elle-même survivante du cancer, Alice se considère comme “facilitatrice ”, non pas comme leader, elle fait un travail remarquable! La preuve en est dans les compliments que les marcheurs ont partagé avec moi et dans les statistiques concernant ce programme. En moyenne, on fait 44 marches annuellement, comprenant cinq participants à chaque fois. La plupart continuent à y prendre part pendant environ 1 à 2 ans. Bien que les femmes constituent la majorité, il faut noter que 31% des marcheurs sont des hommes, chiffre qui dépasse de loin la participation masculine dans la plupart des groupes de deuil plus traditionnels.

Domenica Pulcini, elle aussi survivante du cancer, collabore avec Alice en apportant sa touche merveilleusement positive et pleine de compassion.

Au fil de nos bavardages, Alice a partagé avec moi des anecdotes sur les effets de la Marche des endeuillés. “ll n’est pas rare d’entendre les participants en parler comme d’un rituel bienvenu qu’ils intègrent au programme de leur semaine. Les rituels fournissent une structure à des vies bouleversées par la mort,” déclare-t-elle.

Elle a constaté que de solides amitiés se sont forgées entre participants. En particulier, dans un cas, trois veuves sont devenues amies intimes, voyagent ensemble et partagent des évènements familiaux jusqu’à aujourd’hui, cinq ans après leur rencontre. Dans un autre cas, un homme qui, à part la promenade hebdomadaire, s’était complètement isolé après la mort de sa femme, convie maintenant un groupe de participants, qui sont devenus ses camarades, à un lunch deux fois par mois dans un restaurant; il organise même pour eux d’autres rencontres sociales.

“Ma plus grande satisfaction a été de voir un veuf et une veuve former maintenant un couple,” conclut Alice.